Épidémie Ebola — Province de l'Ituri, RDC
Données au 20 mai 2026. Source : OMS, Ministère de la Santé RDC.
Bundibugyo ebolavirus (BDBV) — aucun vaccin, aucun traitement spécifique.
Contrairement aux épidémies à Zaire ebolavirus, il n'existe ni vaccin approuvé ni antiviral spécifique contre cette souche. La riposte repose exclusivement sur la détection précoce, le traçage des contacts, l'isolement et les soins symptomatiques.
Épidémie RDC 2026 — Synthèse
Contexte et origine
L'épidémie a vraisemblablement débuté plusieurs semaines avant sa détection officielle. L'OMS estime qu'elle a «probablement commencé il y a quelques mois» avant que les autorités sanitaires ne soient alertées le 5 mai 2026. Le foyer a été localisé dans la zone de santé de Mongbwalu, à environ 90 km de Bunia (capitale de l'Ituri). Une cérémonie funéraire impliquant un contact avec un corps infecté est suspectée d'avoir amplifié la propagation initiale.
Le premier cas identifié est un infirmier qui s'est présenté dans un centre de soins de Bunia le 24 avril 2026. L'USPPI a été déclarée le 17 mai 2026, deux jours seulement après la confirmation biologique du premier cas — signe de l'ampleur déjà importante de la flambée à cette date.
Souche Bundibugyo — spécificités
Le Bundibugyo ebolavirus (BDBV)est l'espèce la moins létale des ebolavirus pathogènes pour l'humain, avec un taux de létalité de 25 à 50 % dans les épidémies précédentes (vs 60–90 % pour Zaire ebolavirus). Elle avait causé deux épidémies documentées : Ouganda 2007 (149 cas, 37 décès) et RDC/Ouganda 2012 (57 cas, 29 décès).
Mais cette souche présente une difficulté majeure : le vaccin Ervebo (rVSV-ZEBOV) n'est efficace que contre Zaire ebolavirus— il ne protège pas contre BDBV. Les anticorps monoclonaux mAb114 et REGN-EB3, approuvés contre EBOV, ne sont pas non plus indiqués pour BDBV. La riposte doit donc se passer d'outils thérapeutiques spécifiques.
Cas importé : médecin américain à Berlin
Peter Stafford, chirurgien américain de l'ONG Serge travaillant à l'hôpital de Nyankunde (près de Bunia), a été testé positif à Ebola le 18 mai 2026. Il avait opéré un patient de 33 ans souffrant de douleurs abdominales sévères, décédé ultérieurement et probablement déjà infecté. Évacué vers la Charité de Berlin dans la nuit du 19 au 20 mai 2026.
Sa femme, Rebekah Stafford, également médecin, est cas contact. Elle reste en RDC avec leurs quatre enfants sous surveillance médicale. Un autre médecin de l'ONG, Patrick LaRochelle, aurait aussi été potentiellement exposé. Les autorités tchèques ont par ailleurs été sollicitées pour accueillir un deuxième médecin américain cas contact.
Facteurs de complication
- Circulation précoce non détectée :l'épidémie a circulé plusieurs mois avant l'identification — difficulté à retracer la chaîne complète de transmission.
- Insécurité régionale :l'Ituri est marquée par des déplacements de population et la présence de groupes armés, limitant l'accès des équipes de riposte.
- Aucun outil spécifique disponible :ni vaccin ni antiviral — la riposte repose sur les mesures barrières, le traçage, l'isolement et les soins de support.
- Contexte politique :les États-Unis, sous l'administration Trump, se sont retirés de l'OMS et ont réduit le financement de l'USAID, très impliqué dans les précédentes ripostes Ebola.
Évaluation des risques (OMS — 20 mai 2026)
L'OMS évalue le risque épidémique comme «élevé» pour l'Afrique centrale(proximité Ouganda, Soudan du Sud) mais «faible» à l'échelle mondiale. L'épidémie «ne répond pas» aux critères d'une urgence pandémique. Le risque d'importation est jugé «très faible» en France par les autorités sanitaires, qui renforcent néanmoins la surveillance, notamment à Mayotte.